
Les lyres saignent et ces misérables musiciens, morts, oubliés, impuissants dans cet océan de cailloux et décombres, observent, pathétiques, l’hécatombe du monde moderne. Les monstres demanderont alors les plus sadiques punitions pour ces princes moqueurs, qui ne sont plus que quelques rides dans leurs longues et désirables chevelures. Elles rejailliront, ces créatures, de l’inculture et de l’oppression des plus abominables montreurs de marionnettes, qui, elles, danseront encore ! eh, oui ! bien sûr qu’elles danseront ! Avec leurs cerveaux en bois et leurs yeux de poudre… Elles chanteront même ! Elles offriront des fleurs aux monstres, à la nouvelle justice ! Et eux ? Qu’est-ce qu’ils feront ? Ils cracheront sur eux, ils les mangeront et déchiquetteront avec leurs dents glacés, ils déchireront la peau et les entrailles, comme du poisson ! Comme des moutons idiots, qui trottinent tranquillement vers la bouche de ces loups affamés, avides de pouvoir et de sang. Revenons, donc, à nos pauvres musiciens, bonheur! Ils ne seront pas seuls ! Ils se réfugient dans les tombeaux, dans les cordillères des mots ! Avec les poètes, les artistes, les maudits ! On leur a bouché la bouche, on leur a coupé leurs mains et arraché leurs yeux. Ils ne rêvent plus, ils ont peur des monstres, qui s’infiltrent sous leurs lits, sous les plis de leurs rêves, et explosent leurs joies, détruisent leurs espoirs, vomissent sur leurs avenirs et arrachent leur raison de vivre. Hélas ! Ils seront malheureux, mes artistes, ils souffriront la colère de ces Dieux macabres et ces expériences néfastes. La gloire des savants, ne sera plus que poussière que nourrira la honte de ces monstres. Infidèles à leurs propres croyances, ils retomberont comme un marteau sur le monde jusqu’à pulvériser la plus minuscule des miettes, et puis, ils retomberont aussi sur les têtes de ce monde, de ces marionnettes, de mes poètes, de ces Hommes. Combien de temps ? Combien de temps reste-t-il pour que nous devenions l’avenir ? J’espère que des éons. Je l’espère. Mais je suppose qu’un de ces jours, les monstres rejailliront, et le Monde ne sera plus que ruisseaux de sang et d’écume.

Assez horrible, je ne sais pas quoi dire. Vous avez rempli votre texte de figures de style, et l'effet est très satisfaisant.
ResponderEliminarC'est exactement ce que vous m'avez dit avant, un poème un prose. Un pas du tout simple, désagréable, poème en prose.
Félicitations! Vous avez sans doute un don que vous devez partager.
Et si vous vous le demandez, je vous vousvoie, car j'ai envie, je m'ennuie assez :P