
Fotomontaje de Roman Alexandru
Je me noie,
Dans l’infamie, dans la folie de la raison;
Je me noie dans la boue du réel
Dans la routine des mortels.
Je sens la terre se glisser dans mon ventre
Je sens mon âme se débattre et se rompre.
Inutile de crier! La voix me manque.
Inutile de bouger! Mon corps est mort.
Moi, qui avais gravi les obstacles amers,
Je me retrouve une autre fois en enfer.
Monotones flammes grises, qui montent sur mon dos:
Des fourmis tristes qui se cachent sous ma peau.
Méprisable pluie du sens commun,
Tu viens tomber sur mes instincts
De rêve et de joie.
Je me noie,
Sous le doux murmure d’une vie pathétique,
Constante, facile, tranquille ;
Mes désirs brûlent sous mon regard :
C’est ma bête qui rugit dans son tiroir
Il est inutile, plus d’espoir d’échapper,
Je deviens l’androïde de la société :
Toujours pressé, désespéré de vivre.
Les sons finissent par s’infiltrer
Comme de l’huile, de l’essence
Lente, paisible…
Ils me font vivre à l’abri,
Et me font mourir d’ennui
Et soudain, entre décombres et projets
Une muse ailée, une divinité
Me tend la main
Ma bête sort de sa cage
Et elle fuit loin avec cet ange
Il n’y a plus de bruit
La boue s’est convertie en papillons dorés
Qui imprègnent le monde d’une couleur nouvelle
Les flammes coulent
Et les fleurs flamboient
Plus de vie mécanique !
Plus de rêves censurés !
Que de l’air poétique
Et de la musicalité.
…Au 3 filles qui m’ont fait rêver (Léa, Vera, Gala)

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